LE THÈME DU REPAS DANS LES STALLES
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| (bien que la mise en page soit légèrement différente dans ce document, et que quelques illustrations aient été ajoutées par rapport au Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, nous avons essayé de conserver une pagination proche de celle de l'original) |
| La
prodigieuse richesse iconographique des stalles de notre cathédrale
permet d'aborder plusieurs thèmes illustrant le mode de vie
de nos ancêtres, à la fin du XVe siècle et au
début du XVIe. |
| 1 - Il en existe de récents et de maniables, mais j'ai pris beaucoup d'intérêt et de plaisir en feuilletant celui de Vigouroux (Bib. des Antiquaires de Picardie). |
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| Bien
entendu, ce n'est pas toute la Bible qui est représentée
dans les stalles, il s'en faut de beaucoup, et c'est aux livres de
la Genèse et de l'Exode qu'ont été faits les
principaux emprunts. Il y a bien une allusion au Livre de Job, mais
avec les épreuves subies, le pauvre homme avait perdu l'appétit
depuis longtemps. Le choix des sujets à représenter était du ressort du chapitre qui en fait, déléguait ses pouvoirs à certains de ses membres réputés pour leur bonne connaissance de l'Ecriture sainte. N'oublions pas que dans celle-ci, le repas a un sens symbolique très fort. C'est au cours d'un repas : la Cène, que le Christ a institué l'Eucharistie, élevant le pain et le vin au rang de substances sacramentelles. Prenez et mangez... Prenez et buvez... Il y a un autre aspect du repas qu'il faut rappeler, c'est l'aspect festif et convivial. Les évangélistes ne se font pas faute de le noter, ainsi Matthieu (IX-15) : «Les compagnons de l'Epoux peuvent-ils mener le deuil tant que l'Epoux est avec eux ? viendront des jours où l'Epoux leur sera enlevé, alors ils jeûneront». Veut-on un exemple tiré de l'Ancien Testament ? Il suffit de lire le prophète Isaïe ch 25-6 : «Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'Univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne sainte, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés». Pour le peuple de la Bible, et pas seulement pour lui, le festin est le signe de la fête et même de la plus grande fête qui soit, le retour de Yahvé à la fin des temps. N'oublions pas non plus que chez les peuples du désert, l'hospitalité est un devoir sacré et qu'il convient de nourrir convenablement l'hôte de passage, quitte à sacrifier une bête du troupeau. Or pour ces éleveurs nomades le troupeau, le cheptel est la principale richesse, le vrai capital qui s'évalue en nombre de têtes, au sens étymologique du terme. Evidemment, ce n'est pas tous les jours que les Israélites avaient l'occasion de manger des viandes grasses et succulentes. Retenez bien ces adjectifs, ils annoncent un festin digne d'un roi. Nos aïeux, ceux du XV-XVIe étaient comme les Israélites de jadis, ils n'avaient que rarement l'occasion de se régaler de cette manière. En dehors des jours de fête, les agapes étaient réservées aux gens fortunés qui pouvaient se payer les services d'un rôtisseur, métier différent de celui du boucher et qui, à ma connaissance, n'apparaît pas dans les stalles - à moins qu'il n'ait figuré sur l'une des dix stalles supprimées au XVIIIe siècle. |
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| Pour la majorité de la population, consommer
de telles viandes ne se faisait que les jours de fêtes carillonnées
ou à l'occasion des mariages. Si on pouvait consommer de la
viande en dehors de ces jours-là, c'était de la viande
bouillie, le plus souvent sous la forme d'un morceau de lard ajouté
à la soupe. En regardant bien et à condition de ne pas se limiter aux miséricordes, les stalles nous donnent quelques reflets des contraintes sociales qui pesaient sur la population amiénoise. Nombre d'épisodes bibliques se rapportent à la vie rurale ; telle une grande partie de l'histoire de Joseph, fils de Jacob, mais il n'en reste pas moins que les stalles de la cathédrale d'Amiens montrent une population urbaine bien plus que rurale. Dans son ensemble, cette population urbaine appartient plutôt à la classe aisée, il est facile d'en juger d'après les costumes et le mobilier. II ne faut pas s'en étonner. Les quarante chanoines du chapitre cathédral qui, seuls, avaient droit aux stalles hautes - les stalles basses étant réservées aux chapelains et aux chantres - étaient issus pour la plupart des meilleures familles de la ville ou de la province. Avoir un fils à l'échevinage et un autre au chapitre était l'ambition de tout bon père de famille tenant le haut du pavé. Il est vrai que de 1480 à 1540, disons de la mort de Charles le Téméraire au début des guerres de religion, la Picardie a connu des années fastes et la construction de nos stalles s'inscrit exactement dans cette période. La rareté relative du thème du repas peut venir aussi d'une contrainte matérielle que nos entailleurs ont su dominer avec un sens de la composition tout à fait remarquable : c'est le peu de place que leur offraient les rampes et les miséricordes. Pour représenter un repas quelque peu important, pour répartir des convives assez nombreux autour d'une table, les entailleurs ont fait des prodiges de virtuosité, allant jusqu'à loger onze personnages sur une miséricorde de 35 cm de large en moyenne pour une hauteur de 20 à 22 cm. D'ailleurs le seul repas de noces important, celui de Cana, n'est pas sur une miséricorde, mais il occupe toute la largeur d'une jouée dans un passage entre stalles basses et stalles hautes. Ce n'est donc que d'une façon partielle que nous pourrons étudier ce thème du repas dans les stalles d'Amiens, mais plus nous avancerons dans cette étude, plus le sens symbolique deviendra prépondérant. |
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| NOTE SUR LA LOCALISATION
DES SCULPTURES DANS LES STALLES |
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Georges Durand, à peine plus charitable,
l'appelle: « la mère sotte». |
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| RÉBECCA ABREUVE ÉLIÉZER
M. 13 |
| Notes |
| 2 - Genèse XXIV 14-20. |
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| LE REPAS CHEZ BÉTUEL M. 16 Rébecca est aussitôt allée raconter à sa mère ce qui s'était passé au puits et, sur l'ordre des parents, Laban, le frère de Rébecca est sorti pour inviter l'étranger à recevoir l'hospitalité dans la maison familiale. Éliézer a d'abord fait connaître sa mission et offert les présents envoyés par Abraham. Les parents ayant accepté les propositions de mariage transmises par Éliézer, le repas put commencer. Nous voyons ici, de gauche à droite le père et la mère de Rébecca assis à la table, puis Éliézer qui fléchit le genou et, derrière lui, Laban. Éliézer semble gêné et faire des « façons », comme on dit ; c'est un serviteur invité à la table d'un personnage riche et important qui, selon G. Durand, «a beaucoup de foin et de paille dans ses remises». Il y a devant la table un tabouret destiné à l'invité. C'est une remarquable scène d'intérieur, une des plus belles des stalles. Sur la table pour le moment, il n'y a que des pains, mais le livre de la Genèse ajoute une précision intéressante : « Ils mangèrent et ils burent, lui (Éliézer) et les hommes qui l'accompagnaient et ils passèrent la nuit ». En quelques mots, nous avons compris que les femmes se sont retirées et que les hommes sont restés entre eux pour boire. Sans doute Laban et peut-être Bétuel leur ont-ils tenu compagnie, car ce repas nocturne se déroule sous le signe de l'hospitalité, si respectée par les peuples du Proche Orient. ![]() |
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LE PLAT DE LENTILLES M. 19
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| JACOB USURPE LA BÉNÉDICTION PATERNELLE
M. 24 Des années ont encore passé, Isaac a beaucoup vieilli, il est devenu aveugle. C'est lui, ce vieillard avec grand chapeau, longue barbe et longue robe, assis à gauche sur un fauteuil. Derrière, une riche maison, presque un château. Isaac a envoyé Esaü, son aîné, à la chasse, après quoi il le bénira et pourra mourir, mais Rébecca a tout entendu et elle veut que Jacob reçoive cette ultime bénédiction. Elle fait tuer deux chevreaux. Avec la chair, elle prépare un plat ressemblant à de la venaison. Avec une partie de la peau, elle couvrira les mains, les bras et le cou de Jacob qui paraîtra velu comme Esaü. Sur la miséricorde, voici l'instant où Jacob présente son plat de faux gibier à son père Isaac. Celui-ci a bien quelques doutes. Il dit : « Approche-toi, mon fils, que je te tâte pour savoir si oui ou non, tu es mon fils Esaü », Jacob s'approcha de son père Isaac qui le palpa et dit : «La voix est celle de Jacob, mais les bras sont ceux d'Esaü !» (3). Alors Isaac le bénit, puis il mangea et il but. Il faut d'ailleurs remarquer que le personnage derrière Jacob n'est autre que Rébecca qui par surcroît de précaution s'est munie d'une cruche de vin et d'une coupe. Le vin aide bien - comme on le sait - à lever les dernières hésitations. Ce que fut le retour d'Esaü avec le vrai produit de la chasse, chacun est à même de le deviner. Voilà ce qui s'appelle un repas marqué par la fourberie... La colère d'Esaü fut si violente que la vie de Jacob fut en danger. Sur les conseils de sa mère Rébecca, Jacob préféra quitter les lieux et aller vers le pays de Laban qui était son oncle maternel donc le frère de Rébecca. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les mésaventures de Jacob. Son oncle Laban avait deux filles, Lia et Rachel. Il entendait bien marier d'abord la première qui était moins jolie alors que la seconde était la préférée de Jacob. Mais pour prétendre à la main d'une fille de Laban, Jacob dut travailler sept ans pour son futur beau-père et au bout du compte il fut contraint d'épouser l'aînée. Comme Jacob avait de la suite dans les idées, il travailla encore sept ans pour Laban et put enfin épouser Rachel, l'élue de son cœur. Pendant ces quatorze années, Jacob eut treize enfants, douze garçons dont le fameux Joseph dont nous allons reparler et une fille Dina dont on ne parle guère. Rachel, épousée en second, n'a donné que deux garçons à son mari, Joseph qui était le préféré de Jacob, et Benjamin. Joseph a joué de cette préférence, il s'est rendu insupportable à ses demi-frères dont l'exaspération était telle qu'ils envisageaient de le tuer, mais Ruben, leur aîné à tous, s'y opposa. ![]() |
| Notes |
| 3 - Genèse XXVII 13-29. |
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p 259 |
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p 260 |
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p 261 |
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| JOSEPH À TABLE AVEC SES FRÈRES
M. 73 On sait qu'à son tour, Pharaon eut des songes - les sept vaches grasses et les sept vaches maigres sortant du Nil, les sept épis de blé - et que personne dans son entourage n'était capable de donner une interprétation cohérente. Voilà que le grand échanson se souvint de Joseph qui était toujours en prison. On alla le chercher et il donna des songes royaux une interprétation si lumineuse que Pharaon décida sur le champ de faire de lui son grand vizir et de lui donner les pleins pouvoirs pour parer aux années de disette annoncées après les sept années d'abondance. Or la sécheresse ne frappa pas seulement l'Égypte, mais aussi les pays voisins dont celui où se tenait le vieux Jacob et sa nombreuse descendance. Celui-ci envoya ses fils acheter du blé en Égypte et ils y rencontrèrent Joseph mais sans le reconnaître. Celui-ci de son côté garda l'anonymat mais regretta l'absence de son frère utérin Benjamin, fils de Rachel, seconde épouse de Jacob. Il exploita la situation avec une telle habileté que Jacob dut consentir au départ de Benjamin pour l'Égypte. Alors Joseph, gardant le secret sur son identité, invita ses frères à un repas dans son palais. Ce repas mérite toute notre attention car les convives occupent deux tables séparées, Joseph par ses fonctions et son mariage est devenu un Égyptien, ses frères sont restés des Israélites. Or que dit le livre de la Genèse ? : « On le servit à part, eux à part et à part aussi les Égyptiens qui mangeaient chez lui, car les Égyptiens ne peuvent pas prendre leur repas avec les Hébreux. Ils ont cela en horreur » (4). Peu importe ce qui est servi aux convives, seul compte ici, l'antagonisme virulent entre ces peuples du Proche Orient, qui ne date pas d'hier puisque la Bible s'en fait l'écho et que les chanoines du chapitre ont retenu cet épisode pour le représenter dans leurs stalles. En tout cas, voici un bel exemple de repas protocolaire. |
| Notes |
| 4 - Genèse XLIII 32. |
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p 263 |
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p 264 |
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p 265 |
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| Notes | ||
| 5 - Jourdain et Duval, op cit. | ||
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p 266 |
| LES NOCES DE CANA Passage I. 107 C'est le dernier panneau de notre itinéraire et c'est de beaucoup le plus célèbre, le plus justement admiré de tous les panneaux sculptés sur les jouées des stalles. Il est deux fois plus grand que le panneau précédent (le repas de Marie) car il occupe toute la largeur de la jouée limitant la stalle basse de ce côté. Il a de plus l'avantage d'être souvent bien éclairé, notamment en fin de matinée quand il est effleuré par les rayons du soleil, alors que le panneau qui lui fait face et qui est de même dimension, reste dans l'ombre et ne retient guère l'attention. ![]() |
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p 267 |
| Les
ans ont passé depuis que Marie était ravitaillée
par un ange. Le Christ est né. Il a grandi et il vient de commencer
sa vie publique, entouré de ses premiers disciples. Lui et
sa mère ont été invités à des noces,
à Cana en Galilée. A la campagne, que les mariés soient riches ou peu fortunés, une noce est toujours une fête dont les éclats joyeux retentissent dans tout le village. Chez les juifs, la fête commençait 1e mercredi matin. L'époux, avec les demoiselles d'honneur, se rendait au domicile de la fiancée et le cortège s'organisait au son des tambourins et autres instruments. La cérémonie religieuse terminée, commençaient alors les réjouissances. Les invités étaient nombreux - à charge de revanche - et la fête durait jusqu'au vendredi soir, veille du sabbat (avant l'apparition de la troisième étoile). On comprend que, Cana étant tout proche de Nazareth, Marie ait pu y être invitée, ainsi que Jésus avec ses disciples. Voilà bien du monde pendant trois jours ! Etonnez-vous que le vin puisse venir à manquer ! C'est bien ce que tous les lecteurs de l'Evangile ont retenu, ce vin manquant qui conduit Jésus à faire son premier miracle, changer l'eau en vin. C'est à cet acte capital qu'est consacré ce panneau des stalles, même s'il nous donne d'autres indications sur l'art de vivre au XVI' siècle. Malgré la largeur exceptionnelle du panneau, ici il n'y a plus d'invités (sauf Jésus et Marie), plus de disciples, plus de musiciens. La scène est réduite à l'essentiel: un bel intérieur de bourgeois aisés à moins que ce ne soit une cour décorée pour la circonstance. |
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| Au
centre, une longue table portée par deux tréteaux, couverte
d'une nappe qui pend largement. Nous sommes à une époque
où les serviettes de table n'existaient pas. Ce n'est pas une
précaution inutile car si on voit un couteau sur la table,
il n'y avait pas de fourchettes ou du moins elles faisaient à
peine leur apparition, leur forme rappelant la fourche du diable (voir
le tympan du Beau Dieu). On mangeait avec les doigts (la fourchette
du père Adam) et les convives s'essuyaient les mains et les
lèvres avec les pans de la nappe. Au
centre de la table, puisque nous sommes à Amiens, trône
le célèbre pâté de canard. On voit aussi
un gobelet, une sorte de petit vase couvert qui pourrait être
une salière, quatre petits pains ronds. Devant chaque convive
est posé un tranchoir carré qui paraît être
en bois. Plusieurs de ces tranchoirs portent des morceaux de viande
puisqu'on a abattu des bêtes pour festoyer, mais nous savons
que ces tranchoirs qui tenaient lieu d'assiettes, pouvaient aussi
être faits d'épaisses tranches de pain bis qui s'imprégnaient
du jus des viandes : après le repas, il était d'usage
de donner ces tranches de pain aux pauvres gens. Je remarque en passant que dans les stalles du côté nord, les tranchoirs rectangulaires sont présents plusieurs fois (sauf devant Joseph, mais il est le premier ministre de Pharaon). Du côté sud au contraire, les assiettes ont déjà fait leur apparition, par exemple au repas de Pharaon servi par le grand échanson. Cela tend à confirmer l'hypothèse émise par certains archéologues, dont Georges Durand, qui pensent que de chaque côté des stalles les travaux ont été coordonnés par un maître différent. En tout cas, ne manquez pas de remarquer le personnage vu de dos tout à fait à gauche. C'est le marié ; à droite, les six cruches en pierre au pied de la table et, devant, les serviteurs qui se pressent à la porte de la maison. Quant aux os c'était, bien sûr, la part du chien et celui-ci est présent sous la table, il n'attend pas la fin du repas pour se régaler. A côté de lui, une corbeille tressée contient une réserve de pains ronds. |
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Derrière cet homme âgé, un beau dressoir de style gothique couvert d'une nappe. Sur le dessus il y a un pichet et trois gobelets l'un dans l'autre. Aussi une grande aiguière sur la tablette inférieure. Ce meuble s'appelle une crédence, un mot qui a le même sens que confiance. A une époque où on craignait tant le poison, la crédence servait à faire l'essai par un homme de confiance, maître d'hôtel ou officier de bouche, des mets et des boissons. Après cet essai, ceux-ci étaient portés à la table du maître et de ses convives. Précaution supplémentaire, dans le corps de ce meuble est un compartiment fermé par une serrure dans lequel on tenait à l'abri les boissons avant le service. |
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| Notes | ||
| 6 -Jean II 10 | ||
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p 271 |
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| Notes | ||
| 7 - Jean II 3-5. | ||
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p 272 |
| Il
y avait là six jarres de pierre, destinées aux rites
de purification des juifs. Nous les avons vues devant les serviteurs
qui se pressent à la porte de la maison pour prendre les ordres. Quand on se penche sur cette scène, on peut vérifier que ces jarres qui sont au pied de la table sont plutôt des cruches et qu'elles sont bien au nombre de six. Jésus les fait remplir d'eau, ordonne de puiser dedans et de porter à goûter au maître de maison. C'est probablement la scène que nous avons vue tout à l'heure et qui provoque le dialogue entre le père et le jeune marié : « Tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ». En résumé, et pour des raisons évidentes, le panneau montre simultanément le miracle opéré par Jésus et la constatation faite par le père de famille. |
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Mais pour nous, il y a une autre conclusion qui s'impose. Jésus est capable de changer l'eau en vin, nous pourrions dire - toute révérence mise à part - que cela n'a qu'un intérêt mineur, ce n'est qu'un geste amical. Jésus n'a pas voulu que de braves gens qui l'avaient invité avec sa mère aux noces de leur fille soient humiliés par le manque de vin. Mais cela va beaucoup plus loin. Si jésus est capable de changer l'eau en vin, un jour il pourra changer ce vin en son sang et ce sang qui gardera les apparences du vin, sera celui de notre Rédemption. Ce repas de noces en annonce un autre, bien plus important, et dans ce sens, c'est un repas prémonitoire. On peut alors se demander pourquoi la Cène, ce repas si précieux, n'est pas représentée dans les stalles. Je me permettrai d'apporter une réponse toute simple. C'était inutile puisque la Cène se répète chaque jour, à chaque messe, sous les yeux des chanoines quand ils se tournent vers le sanctuaire qui prolonge le choeur, et où se trouve l'autel. Aujourd'hui ce chœur prestigieux n'est plus réservé aux seuls chanoines, âgés et si peu nombreux. Il est ouvert aux simples fidèles et plus encore aux visiteurs qui s'extasient quelques instants sur un travail d'ébénisterie, sans avoir le temps, ni même peut-être l'intention de réfléchir au sens caché de ces multiples scènes. Il en est des stalles d'Amiens comme de la Bible, on ne les explique pas en un jour, ni même en un mois ou un an, moins encore en un quart d'heure comme le font la plupart des touristes. Il faut sans cesse aller de la Bible aux stalles et inversement. Nous avons la chance incroyable, nous autres Amiénois, d'avoir les deux à notre disposition : La Bible peut s'acheter dans n'importe quelle librairie, les stalles sont ouvertes tous les jours au cours de l'après-midi. N'oublions surtout pas d'en profiter. |
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| Notes | ||
| 8 - Jean II 11. | ||
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